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    [Histoire] Plume d'aigle






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    [Histoire] Plume d'aigle par Nina Andersen le Jeu 10 Jan 2019, 23:26
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    Volonté d'Asgard
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    HISTOIRE ♦ PLUME D'AIGLE

    On a rainy, rainy night...

      ... The sinners were melting.


    Sous le coup du tonnerre, personne ne l’entendit hurler.

    Quand le sang, rouge, chaud, aussi vaseux que le sol, éclaboussa les pieds couverts de boue de Nina, elle décampa. Pas le temps d’avoir d’états d’âme. Prendre ne serait-ce qu’une seconde pour autre chose que constater le travail bien fait était inutile, futile, dangereux même.

    L’hémoglobine aurait pu constituer un épais manteau à la jeune femme si la pluie torrentielle n’effaçait pas en permanence les preuves de ses actes.

    Et dans le pire des cas, qui la prendrait sur le fait ? Quel œil d’aigle reconnaîtrait son visage sous cette capuche, ou sa silhouette entourée d’une combinaison militaire ? Ses cibles n’avaient déjà guère le temps d’apprécier la froideur de son visage, alors analyser ses traits...

    D’un mouvement agile, trahissant les stigmates de longs mois à affronter la route et ses dangers, Nina se plaqua contre un monceau de bois flotté, posé là comme une invitation, le temps de respirer un grand coup. Elle courait depuis des heures, ne s’étant accordée que de maigres pauses car, de toute manière, il n’aurait pu en être autrement...

    ... Alors qu’à l’heure où elle observait la carrière, nichée au cœur des montagnes sauvages à la frontière de Sin, le prototype dune gigantesque bombe menaçait d’exploser, emportant des kilomètres carrés de surface avec elle et, accessoirement, la vie de ceux ayant pacifiquement peuplé, jusqu’au mois dernier, cette terre bien peu amène.

    Allez, il était temps.

    Depuis le bord de la falaise courrait une fine cascade. En bas, une étendue d’eau, une rivière en réalité, allait lui permettre d’atteindre son objectif, au cœur de la roche. Là où elle devait retourner. Il ne fallait juste pas avoir peur d’une chute de cent mètres de haut.

    Mais ça, c’était valable pour un humain.

    Lorsque le ciel et le vent furent scrutés, une seconde suffit à faire le grand saut, sans la moindre hésitation. Dans sa chute rapide, silencieuse, Nina observait les alentours du mieux qu’elle le pouvait. Non loin, une flamme était censée lui révéler l’emplacement de l’entrée, cachée parmi une multitude d’autres cavités rocheuses.

    La pleine lune et l’intensité d’un éclair cachèrent aux yeux d’un potentiel survivant ces deux ailes chimériques, d’une blancheur pâle témoignant de leur transparence, qui entourèrent le corps de Nina pour amortir sa chute. Le tonnerre s’allia de nouveau à elle pour taire non pas le hurlement d’agonie d’une de ses nombreuses victimes, mais le bruit de sa chute dans l’eau glaciale.

    Dans son rôle de missionnaire, elle faisait des miracles. Ces quatre mois à arpenter Humanitas dans la quête de pouvoirs à recouvrer avaient forgé un corps auparavant frêle. Les avoir passés en symbiose avec l’âme d’un Ange avait dû contribuer un tant soit peu, également...

    Sortie de l’eau en un mouvement sec, Nina prit un grand bol d’air avant de se hisser sur la terre boueuse qui se présenta à elle. Contrairement aux maigres égards qu’elle octroya à sa condition physique, le flot de lumière lui parvenant au coin de l’œil attira son attention. Alors elle s’en approcha, tout en essuyant ses lunettes à verres fumés pour y voir un peu plus clair.

    « Igni ! »

    La petite boule de flammes avait effectué sa tâche avec brio. Aussi heureux qu’il était de retrouver sa maîtresse en relativement bon état, il tournicotait dans tous les sens pour la guider vers la grotte où se cachait l’arme de destruction massive.

    « Fais attention, il ne faudrait pas qu’il en reste un debout... »

    Igni servit de sentinelle au fil des galeries. Une dizaine de minutes à surveiller chaque recoin, chaque roche, à tiquer au moindre bruit suspect, s’écoulèrent avant que la bombe ne se présente à eux. Nina, qui avait ôté ses solides lunettes, eut besoin d’un instant d’adaptation pour apprécier toute la majesté, et la dangerosité, de l’objet.

    Elle était cristalline. Hypnotique. C’était une lacryma pure, que la main de l’Homme avait sertie de joyaux dégageant une immense quantité d’énergie. Et, autour, les activateurs. D’immenses échardes d’un cristal verdoyant, presque plus éclatantes que la lacryma elle-même : la photo-émeraude. Une source si conséquente d’énergie solaire qu’au contact des parois de la bombe, elle provoquerait une explosion dévastatrice.

    Le cœur de Nina commença à se faire entendre dans sa poitrine. En tout cas, ses propres oreilles en percevaient le son, et sa peau devenait granuleuse au fil des vives ondes de ses battements. La minute de vérité. La minute où, si elle échouait, c’était fini. Pour quiconque se trouverait dans le souffle de l’explosion, ce serait fini.

    Tout ce qu’il fallait faire, c’était récupérer les photo-émeraudes. Tout ce qu’il fallait faire... c’était ne pas paniquer.

    * * *

    Je vous veux... dans mon équipe !


    « Former une... équipe ? »

    Comme si répéter les derniers mots de cette fille allaient lui permettre de mieux comprendre l’idée qu’ils transmettaient. Mais après une nuit de deux heures, les poches sous ses yeux étaient si lourdes que ses pensées en étaient ralenties...

    Alors que Nina buvait son thé, Darjeeling évidemment, à une table solitaire au bord des baies du mess, cette jeune femme blonde, d’à peu près son âge à première vue, était venue l’aborder. À ses côtés se tenait un Némédien, membre de ce peuple pergrandais aux oreilles animales qui commençait à peine à gagner sa place dans la société. Ses cheveux étaient bleus et longs, mais le plus remarquable dans son apparence était forcément son immense sourire.

    Il rappelait quelqu’un à Nina, ravivant des souvenirs indésirés qu’elle s’efforça de balayer d’un revers de pensée.

    « Une équipe, parfaitement ! répéta la femme tout en s’asseyant sur une chaise chapardée à côté. Je m’appelle Ényo et voici Loki...
    — ... Nina... ?
    — ...Il est un peu bête, ne fais pas attention.
    — Tu auras du mal à ne pas t’en rendre compte, plaisanta l’intéressé.
    — Si je ne me trompe pas, cela fait quoi, deux semaines que tu as rejoint Altaïr ? Et depuis lors, tu n’as pas parlé à grand monde, donc j’ai décidé de briser la glace ! Ça me fendait le cœur, d’autant que tu as l’air d’être un élément prometteur. »

    Nina leva un sourcil. Cette proposition relevait de l’intérêt ? De la charité ? De la pitié, peut-être.

    Il était vrai que quatre mois d’itinérance n’avaient pas amélioré son humeur. Toute cette histoire avec Asgard l’avait fatiguée, mais elle avait dû se battre, littéralement, pour mener une vie décente sur la route. Errer n’avait pas été simple, pour elle qui avait connu deux ans durant le confort d’une guilde où tout lui était tendu sur un plateau d’argent.

    Et puis... Elle avait tout quitté. Dirk, son père, continuait à vivre à Aeternitas. Il s’y sentait utile et, de toute manière, sa maison à Rinnovo était toujours prête à l’accueillir. Là-bas, ils pourraient se rencontrer de nouveau, et le biais épistolaire permettait de communiquer dès que le besoin se faisait ressentir.

    Malgré cela, elle avait encore du mal à avaler l’histoire que lui avait contée Mugetsu. Le devenir d’Aeternitas, dorénavant tenue d’une main de fer par Shirona que la tragédie avait diamétralement changée, lui interdisait de continuer avec elle. Ce fut triste, difficile de prendre la décision de la quitter, après tout ce qu’elle lui avait offert, après que Nina y eut tissé sa propre histoire... Triste, néanmoins nécessaire. Idéologiquement parlant. Et Mugetsu avait eu la bonté de ne pas la juger.

    Et Zélos, dans tout ça... Désirer ne plus y penser relevait de l’utopie, et bien évidemment, Nina en voyait sa fierté bafouée. Aujourd’hui qu’elle vivait à Pergrande, les chances de le revoir étaient faibles... Même en faisant partie de la première guilde indépendante du pays. Il y avait tellement de gens à l’intérieur qu’elle ignorait si elle avait envie ou non de les rencontrer.
    Visiblement, elle n’avait plus le choix.

    « Tu as l’air ailleurs, remarqua Ényo.
    — Ah, euh... Je te prie de m’excuser, je n’ai pas beaucoup dormi, comme je suis rentrée de mission il y a peu.
    — J’ai entendu le Maître dire que tu avais été épatante ! » lança Loki avec entrain.

    Ah oui, à ce point ? À vrai dire, la bombe à désamorcer avait plus posé problème que les individus censés le garder ! Leur nombre et leur armement ne changeaient rien à leur nature d’humains sans le moindre æther. La mission s’adressait initialement aux mages confirmés, mais Nina avait constaté que la vie était chère à Alkonost, capitale pergrandaise. Il fallait payer un loyer, maintenant. Et manger, aussi. Pour vivre convenablement sans avoir à se priver, il était nécessaire de partir régulièrement en mission. Mais bon, elle était rôdée, maintenant.

    Aah, si loin derrière, sa vie de noble.

    Une chose taraudait la jeune femme, cependant. Allait-elle être capable de se faire le moindre ami...

    ... tant que la plaie causée par la perte de Sirius ne serait pas refermée ?

    Rien qu’à y penser, elle frémit.

    « Un aurevoir aurait-il été trop demandé... ? songea-t-elle, mélancolique, avant de ramener son esprit au présent. Épatante ? Avec tout le respect que j’ai pour notre Maître, dire cela d’une performance que l’on n’a pas vue relève des ronds de jambes.
    — Ou de son positivisme, souligna gaiement Ényo. Je ne sais pas comment elle peut être aussi guillerette avec toutes les rumeurs et les préjugés qui l’accablent... Loki et moi avions déjà rejoint la guilde avant que dame Alyce n’en prenne les rênes, l’an dernier. Nous sommes bien placés pour savoir quelle accumulation de problèmes et de responsabilités pèsent sur ses frêles épaules... déplora la magicienne, le menton niché dans la paume de sa main.
    — Écoutez, je... vous remercie pour l’intérêt que vous me portez, mais je ne suis pas sûre d’être dans les meilleures conditions pour rejoindre une équipe. Pour le moment, tout du moins. Vous aurez peut-être remarqué que d’autres personnes plus amènes et inexpérimentées que moi attendent qu’on leur tende la main, autour de nous. »

    Les deux membres d’Altaïr ne s’attendaient pas à ce que Nina dise ça sans détour, en sirotant calmement son thé à peine tiède.

    « Mais je...
    — Laisse, Ényo, sourit le Némédien en la prenant par l’épaule. Tu peux être vachement intimidante quand tu veux, tu sais ! En plus, la pauvre minette n’a pas dormi, donnons-lui le temps d’avoir les idées claires. »

    Tirant son amie blonde et interdite par le bras, Loki s’en alla, adressant un ultime signe de la main à Nina, agrémenté d’un clin d’œil charmeur.

    « ... Minette ? »

    Ényo

    Loki


    by Nina

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