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    [Histoire] Plume d'aigle par Nina Andersen le Jeu 10 Jan 2019, 23:26
    Nina Andersen
    Volonté d'Asgard
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    HISTOIRE ♦ PLUME D'AIGLE (I)

    On a rainy, rainy night...

    ♦
      ... The sinners were melting.


    Sous le coup du tonnerre, personne ne l’entendit hurler.

    Quand le sang, rouge, chaud, aussi vaseux que le sol, éclaboussa les pieds couverts de boue de Nina, elle décampa. Pas le temps d’avoir d’états d’âme. Prendre ne serait-ce qu’une seconde pour autre chose que constater le travail bien fait était inutile, futile, dangereux même.

    L’hémoglobine aurait pu constituer un épais manteau à la jeune femme si la pluie torrentielle n’effaçait pas en permanence les preuves de ses actes.

    Et dans le pire des cas, qui la prendrait sur le fait ? Quel œil d’aigle reconnaîtrait son visage sous cette capuche, ou sa silhouette entourée d’une combinaison militaire ? Ses cibles n’avaient déjà guère le temps d’apprécier la froideur de son visage, alors analyser ses traits...

    D’un mouvement agile, trahissant les stigmates de longs mois à affronter la route et ses dangers, Nina se plaqua contre un monceau de bois flotté, posé là comme une invitation, le temps de respirer un grand coup. Elle courait depuis des heures, ne s’étant accordée que de maigres pauses car, de toute manière, il n’aurait pu en être autrement...

    ... Alors qu’à l’heure où elle observait la carrière, nichée au cœur des montagnes sauvages à la frontière de Sin, le prototype dune gigantesque bombe menaçait d’exploser, emportant des kilomètres carrés de surface avec elle et, accessoirement, la vie de ceux ayant pacifiquement peuplé, jusqu’au mois dernier, cette terre bien peu amène.

    Allez, il était temps.

    Depuis le bord de la falaise courrait une fine cascade. En bas, une étendue d’eau, une rivière en réalité, allait lui permettre d’atteindre son objectif, au cœur de la roche. Là où elle devait retourner. Il ne fallait juste pas avoir peur d’une chute de cent mètres de haut.

    Mais ça, c’était valable pour un humain.

    Lorsque le ciel et le vent furent scrutés, une seconde suffit à faire le grand saut, sans la moindre hésitation. Dans sa chute rapide, silencieuse, Nina observait les alentours du mieux qu’elle le pouvait. Non loin, une flamme était censée lui révéler l’emplacement de l’entrée, cachée parmi une multitude d’autres cavités rocheuses.

    La pleine lune et l’intensité d’un éclair cachèrent aux yeux d’un potentiel survivant ces deux ailes chimériques, d’une blancheur pâle témoignant de leur transparence, qui entourèrent le corps de Nina pour amortir sa chute. Le tonnerre s’allia de nouveau à elle pour taire non pas le hurlement d’agonie d’une de ses nombreuses victimes, mais le bruit de sa chute dans l’eau glaciale.

    Dans son rôle de missionnaire, elle faisait des miracles. Ces quatre mois à arpenter Humanitas dans la quête de pouvoirs à recouvrer avaient forgé un corps auparavant frêle. Les avoir passés en symbiose avec l’âme d’un Ange avait dû contribuer un tant soit peu, également...

    Sortie de l’eau en un mouvement sec, Nina prit un grand bol d’air avant de se hisser sur la terre boueuse qui se présenta à elle. Contrairement aux maigres égards qu’elle octroya à sa condition physique, le flot de lumière lui parvenant au coin de l’œil attira son attention. Alors elle s’en approcha, tout en essuyant ses lunettes à verres fumés pour y voir un peu plus clair.

    « Igni ! »

    La petite boule de flammes avait effectué sa tâche avec brio. Aussi heureux qu’il était de retrouver sa maîtresse en relativement bon état, il tournicotait dans tous les sens pour la guider vers la grotte où se cachait l’arme de destruction massive.

    « Fais attention, il ne faudrait pas qu’il en reste un debout... »

    Igni servit de sentinelle au fil des galeries. Une dizaine de minutes à surveiller chaque recoin, chaque roche, à tiquer au moindre bruit suspect, s’écoulèrent avant que la bombe ne se présente à eux. Nina, qui avait ôté ses solides lunettes, eut besoin d’un instant d’adaptation pour apprécier toute la majesté, et la dangerosité, de l’objet.

    Elle était cristalline. Hypnotique. C’était une lacryma pure, que la main de l’Homme avait sertie de joyaux dégageant une immense quantité d’énergie. Et, autour, les activateurs. D’immenses échardes d’un cristal verdoyant, presque plus éclatantes que la lacryma elle-même : la photo-émeraude. Une source si conséquente d’énergie solaire qu’au contact des parois de la bombe, elle provoquerait une explosion dévastatrice.

    Le cœur de Nina commença à se faire entendre dans sa poitrine. En tout cas, ses propres oreilles en percevaient le son, et sa peau devenait granuleuse au fil des vives ondes de ses battements. La minute de vérité. La minute où, si elle échouait, c’était fini. Pour quiconque se trouverait dans le souffle de l’explosion, ce serait fini.

    Tout ce qu’il fallait faire, c’était récupérer les photo-émeraudes. Tout ce qu’il fallait faire... c’était ne pas paniquer.

    * * *

    Je vous veux... dans mon équipe !


    « Former une... équipe ? »

    Comme si répéter les derniers mots de cette fille allaient lui permettre de mieux comprendre l’idée qu’ils transmettaient. Mais après une nuit de deux heures, les poches sous ses yeux étaient si lourdes que ses pensées en étaient ralenties...

    Alors que Nina buvait son thé, Darjeeling évidemment, à une table solitaire au bord des baies du mess, cette jeune femme blonde, d’à peu près son âge à première vue, était venue l’aborder. À ses côtés se tenait un Némédien, membre de ce peuple pergrandais aux oreilles animales qui commençait à peine à gagner sa place dans la société. Ses cheveux étaient bleus et longs, mais le plus remarquable dans son apparence était forcément son immense sourire.

    Il rappelait quelqu’un à Nina, ravivant des souvenirs indésirés qu’elle s’efforça de balayer d’un revers de pensée.

    « Une équipe, parfaitement ! répéta la femme tout en s’asseyant sur une chaise chapardée à côté. Je m’appelle Ényo et voici Loki...
    — ... Nina... ?
    — ...Il est un peu bête, ne fais pas attention.
    — Tu auras du mal à ne pas t’en rendre compte, plaisanta l’intéressé.
    — Si je ne me trompe pas, cela fait quoi, deux semaines que tu as rejoint Altaïr ? Et depuis lors, tu n’as pas parlé à grand monde, donc j’ai décidé de briser la glace ! Ça me fendait le cœur, d’autant que tu as l’air d’être un élément prometteur. »

    Nina leva un sourcil. Cette proposition relevait de l’intérêt ? De la charité ? De la pitié, peut-être.

    Il était vrai que quatre mois d’itinérance n’avaient pas amélioré son humeur. Toute cette histoire avec Asgard l’avait fatiguée, mais elle avait dû se battre, littéralement, pour mener une vie décente sur la route. Errer n’avait pas été simple, pour elle qui avait connu deux ans durant le confort d’une guilde où tout lui était tendu sur un plateau d’argent.

    Et puis... Elle avait tout quitté. Dirk, son père, continuait à vivre à Aeternitas. Il s’y sentait utile et, de toute manière, sa maison à Rinnovo était toujours prête à l’accueillir. Là-bas, ils pourraient se rencontrer de nouveau, et le biais épistolaire permettait de communiquer dès que le besoin se faisait ressentir.

    Malgré cela, elle avait encore du mal à avaler l’histoire que lui avait contée Mugetsu. Le devenir d’Aeternitas, dorénavant tenue d’une main de fer par Shirona que la tragédie avait diamétralement changée, lui interdisait de continuer avec elle. Ce fut triste, difficile de prendre la décision de la quitter, après tout ce qu’elle lui avait offert, après que Nina y eut tissé sa propre histoire... Triste, néanmoins nécessaire. Idéologiquement parlant. Et Mugetsu avait eu la bonté de ne pas la juger.

    Et Zélos, dans tout ça... Désirer ne plus y penser relevait de l’utopie, et bien évidemment, Nina en voyait sa fierté bafouée. Aujourd’hui qu’elle vivait à Pergrande, les chances de le revoir étaient faibles... Même en faisant partie de la première guilde indépendante du pays. Il y avait tellement de gens à l’intérieur qu’elle ignorait si elle avait envie ou non de les rencontrer.
    Visiblement, elle n’avait plus le choix.

    « Tu as l’air ailleurs, remarqua Ényo.
    — Ah, euh... Je te prie de m’excuser, je n’ai pas beaucoup dormi, comme je suis rentrée de mission il y a peu.
    — J’ai entendu le Maître dire que tu avais été épatante ! » lança Loki avec entrain.

    Ah oui, à ce point ? À vrai dire, la bombe à désamorcer avait plus posé problème que les individus censés le garder ! Leur nombre et leur armement ne changeaient rien à leur nature d’humains sans le moindre æther. La mission s’adressait initialement aux mages confirmés, mais Nina avait constaté que la vie était chère à Alkonost, capitale pergrandaise. Il fallait payer un loyer, maintenant. Et manger, aussi. Pour vivre convenablement sans avoir à se priver, il était nécessaire de partir régulièrement en mission. Mais bon, elle était rôdée, maintenant.

    Aah, si loin derrière, sa vie de noble.

    Une chose taraudait la jeune femme, cependant. Allait-elle être capable de se faire le moindre ami...

    ... tant que la plaie causée par la perte de Sirius ne serait pas refermée ?

    Rien qu’à y penser, elle frémit.

    « Un aurevoir aurait-il été trop demandé... ? songea-t-elle, mélancolique, avant de ramener son esprit au présent. Épatante ? Avec tout le respect que j’ai pour notre Maître, dire cela d’une performance que l’on n’a pas vue relève des ronds de jambes.
    — Ou de son positivisme, souligna gaiement Ényo. Je ne sais pas comment elle peut être aussi guillerette avec toutes les rumeurs et les préjugés qui l’accablent... Loki et moi avions déjà rejoint la guilde avant que dame Alyce n’en prenne les rênes, l’an dernier. Nous sommes bien placés pour savoir quelle accumulation de problèmes et de responsabilités pèsent sur ses frêles épaules... déplora la magicienne, le menton niché dans la paume de sa main.
    — Écoutez, je... vous remercie pour l’intérêt que vous me portez, mais je ne suis pas sûre d’être dans les meilleures conditions pour rejoindre une équipe. Pour le moment, tout du moins. Vous aurez peut-être remarqué que d’autres personnes plus amènes et inexpérimentées que moi attendent qu’on leur tende la main, autour de nous. »

    Les deux membres d’Altaïr ne s’attendaient pas à ce que Nina dise ça sans détour, en sirotant calmement son thé à peine tiède.

    « Mais je...
    — Laisse, Ényo, sourit le Némédien en la prenant par l’épaule. Tu peux être vachement intimidante quand tu veux, tu sais ! En plus, la pauvre minette n’a pas dormi, donnons-lui le temps d’avoir les idées claires. »

    Tirant son amie blonde et interdite par le bras, Loki s’en alla, adressant un ultime signe de la main à Nina, agrémenté d’un clin d’œil charmeur.

    « ... Minette ? »

    Ényo

    Loki


    by Nina

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    [Histoire] Plume d'aigle 1563744201-signagna
    Re: [Histoire] Plume d'aigle par Nina Andersen le Mar 26 Mar 2019, 21:49
    Nina Andersen
    Volonté d'Asgard
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    151 lignes environ, 1510 Æthernanos bruts

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    [Histoire] Plume d'aigle 1563744201-signagna
    Re: [Histoire] Plume d'aigle par Nina Andersen le Jeu 04 Avr 2019, 00:26
    Nina Andersen
    Volonté d'Asgard
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    HISTOIRE ♦ PLUME D'AIGLE (II)

      Onde.


    Dans l’heure, Nina avait rejoint son petit appartement du quartier vert, ôté ses vêtements et plongé son corps fatigué dans un grand bain chaud.

    Æfsati était l’incarnation du calme ; un autre monde qui, selon elle, n’avait pas sa place dans la capitale du plus grand pays du monde. Cela lui rappelait Æternitas, guilde immense et... immensément vide. Là-bas, un son n’était entendu par personne sauf Lui.

    Mais Il avait disparu. Sans un mot, un au-revoir. Sirius était comme mort, sans jamais avoir été vivant ailleurs que dans le cœur des mages de la guilde. La jeune femme avait déjà cessé de compter les jours qui s’écoulaient sans blague, sans joute et sans taquinerie dans un coin de sa tête... Et pourtant, ironiquement, cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas été seule dans sa tête et dans son cœur. À Sirius avait succédé Zélos, et Asgard aujourd’hui, dans un mutisme absolu.

    Un rire nerveux échappa à la brunette qui décroisa les jambes, déplaçant l’eau vaporeuse teintée de savon coloré par une succession d’ondulations parfaites.

    Depuis qu’elle avait retrouvé le confort d’un toit, un peu plus de deux semaines auparavant, Nina prenait des bains régulièrement et son corps le lui rendait.

    Lors de son errance, elle n’avait que rarement dormi dans un lit confortable. Lorsque l’on n’était pas mage, ni même mercenaire de profession, se faire de l’argent par vagabondage était compliqué. Et comme le statut n’inspirait et n’avait rien d’officiel, même un travailleur pauvre n’aurait guère à envier au salaire ainsi gagné. Bien souvent avait-elle dû chasser elle-même et boire l’eau d’une rivière.

    Mais tout cela l’avait endurcie. Lointaine était l’époque où la précieuse qu’elle était se formalisait pour chaque nouvelle cicatrice. Bien au contraire : elle trouvait que cela lui offrait une dégaine atypique et pas déplaisante.

    La magicienne solitaire rejoignit son lit, répandant une douce odeur de rose, et s’y coucha nue, les cheveux encore humides. Elle avait considérablement maigri. Ce constat dessina une moue sur son visage à moitié endormi par les volutes de son bain alors, d’un coup sec, elle se couvrit de drap blanc.

    Tournée vers Igni, lequel dormait déjà depuis plusieurs minutes, tout éteint, Nina se mura dans une réflexion qui aurait sûrement trouvé sa place à une heure moins tardive.

    Elle songeait à son passé, son présent, son futur.

    À Æternitas qu’elle avait quittée au moment le plus dur, à Sirius qu’elle ne reverrait jamais. Liesel s’aventura dans ses songes ; il y apparut timide puis enjoué, dévoué. Ce garçon fut le seul membre de la guilde avec lequel Nina avait vécu tant d’histoires. Pour ainsi dire, il était le lien qu’elle n’aurait jamais imaginé tisser : rouge, comme ses prunelles, comme l’ardence qui animait son regard lorsqu’il se dévouait à sa mission.

    Ainsi avait-elle vécu, elle aussi, persuadée d’agir pour le bien en se pourléchant de la mort qu’elle répandait, sans distinction... et pour les intérêts d’un autre.

    Le Chrysokrone.

    Haha... Elle aurait bien aimé voir la réaction d’Alithéia ou du Docteur Yallow à son départ précipité. C’étaient deux femmes respectables à n’en point douter, mais les espoirs qu’elles avaient placés en Nina étaient aujourd’hui partis en fumée. Seule demeurait la lacryma implantée en elle dans le cadre du projet Lacrimosa.

    « Peut-on considérer ça comme du vol ? » se demandait-elle, soucieuse.

    Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle ne voulait pas tomber sur ces femmes avant un bon moment.

    Finalement, Nina préféra essuyer ces pensées d’un revers d’esprit. Aujourd’hui, sa vie était autre. Elle était membre d’Altaïr, dont l’aigle symbolique trônait fièrement en bas de son dos.

    « Qu’en dis-tu, Igni ? Devrais-je accepter leur proposition ? Serait-il bon pour moi, qui n’ai jamais été qu’une magicienne solitaire et acerbe, de faire partie d’une équipe à temps plein ?
    — Puiiiii... Puiiiii... »

    Bien sûr, ce n’était que son souffle lorsqu’il expirait, plongé dans un profond sommeil.

    « Ai-je changé à ce point pour ressentir... cette envie de ne plus être aussi seule ? »

    * * *

      Le visage d’un Ange.


    La jeune femme s’était endormie aussitôt les yeux clos. Pourtant, elle ne cessa pas de voir ; une forme, une silhouette, d’abord, se dessina. Une voix en émana avec fermeté et bienveillance, douceur et aplomb.

    Cette fréquence, ce ton, l’aura que la simple voix parvenait à émettre ne pouvait être que les Siens. La première tirade de l’Ange avait été gravée en son cœur. Instinctivement, dès la première note, Nina sut que c’était lui.

    « Asgard... Vous vous montrez enfin. »

    La dernière fois qu’elle s’était sentie en introspection dans son âme, tout était noir. Elle n’y avait pas de corps ni de limite, de substance ni d’effet.

    Ici, parallèlement, un sol était dessiné dans des volutes de lumière, et le rideau entourant cette scène avait été taillé dans les nébuleuses d’un ciel parfait. Il ne faisait ni chaud, ni froid ; rien ne semblait poindre à l’horizon étendu à l’infini.

    ♦
      Asgard.


    Ainsi se tenait-il, assis sur le vide dans une posture bien plus amène que son regard. Il possédait de longs, très longs cheveux blancs, immaculés, à l’image de bien des éléments constituant son apparence. En particulier les immenses ailes qui l’entouraient, immobiles. À vrai dire, même en ayant voulu se figurer le grand Ange, Nina n’aurait jamais pu s’en approcher vraiment tant les émotions qui affluaient en elle à sa simple vue étaient denses, indescriptibles.

    Tout ce qu’elle savait sur lui, ce qu’elle avait appris et possédé au péril de son intégrité en tant qu’humaine, n’étaient que des outils servant à appuyer la dominance spirituelle de cet être et pourtant...

    Il était la Bonté faite homme.

    « J’ai estimé qu’il était temps pour nous de nous rencontrer. Ton corps est encore frêle et je ne voulais pas prendre le risque de le briser à la moindre intervention. J’espère que tu ne m’en voudras pas de t’avoir délaissée alors que, désormais, nous vivons l’un par et pour l’autre. »

    Surprise par cette dernière formulation, la magicienne s’avança doucement, comme si réduire la distance qui la séparait d’Asgard l’aiderait à mieux le comprendre.

    « Voilà des mois et des mois que je vis auprès de vous, Asgard. Dès l’instant où je suis partie à la recherche du pouvoir que vous avez laissé sur cette terre. Aussitôt ai-je... entrepris de me l’accaparer...
    — L’ambition transcende la nature humaine, Nina. Moi-même en avais-je trop, et voilà ce qu’il en est aujourd’hui.
    — Savez-vous ce qui est arrivé à vos créations ? Je me souviens bien de ce que j’ai lu concernant vos filles. J’imagine que nées sur Humanitas, elles ne pouvaient pas échapper à l’emprise que ce monde a sur les personnes. Au-delà même de leur nature angélique...
    — J’ai peut-être une idée, mais nous ne sommes pas là pour en parler. Enfin, pas spécifiquement.
    — Mais pourtant c’est... » tenta Nina.

    Si elle n’avait pas croisé le regard d’Asgard, sa phrase aurait peut-être connu une fin. Mais face à une pareille intensité dans les traits de son visage, l’injonction de se taire était limpide. La jeune femme comprit qu’il tenait les rênes, ici, et qu’elle n’était rien face à ce qui pourtant ne constituait que la moitié de son âme.

    « J’espère que tu ne m’en voudras pas d’avoir épié tes pensées avant que tu ne t’endormes, car c’est cela qui m’a fait prendre la décision de t’aborder ce soir et pas un autre. Écoute-moi bien, Nina : toi et moi avons pour mission de purifier mes créations. Le Hvergelmir n’est plus, mais deux sphères subsistent encore et l’une d’entre elles est notre priorité.
    « Mais tu n’arriveras à rien seule. Tu possèdes une certaine force dont je ne peux pas douter, pour autant tu es encore trop faible pour l’effort qui t’attend ; tu n’as donc guère d’autre choix que de t’entourer de camarades pour progresser. Je pense que tu en as déjà compris la nécessité et... que les changements que tu rencontres au fond de ton cœur n’y sont pas étrangers. »

    Sa bouche fut marquée d’un léger sourire à la suite de ces propos. Nina, elle, demeurait perplexe...

    Car oui, avoir toujours agi en solitaire n’aidait pas lorsqu’il s’agissait de changer radicalement son approche de la société. Certes, une porte lui était ouverte depuis la proposition de Loki et Ényo, mais allait-elle réussir à s’intégrer ?

    « S’il ne s’agit que de cela... Quitte à me forcer, je le ferai.
    — Tu es blessée dans ton orgueil ? » supposa Asgard avec justesse.

    Nina maugréa légèrement avant d’acquiescer.

    « Il y a des vérités plus agréables à entendre, il est vrai. Peu importe, de toute manière ; le ton n’est pas à l’hypocrisie et l’aveuglement... Je me donnerai à cette mission jusqu’au bout. Je vous le promets, Asgard. »

    L’ancien Ophanim ferma les yeux et, silencieusement, se satisfit de cette réponse. Et sans aucune transition, tout s’effaça ; Nina tomba dans un profond sommeil.

    * * *

      Une nouvelle équipe se forme.


    Jolie blouse blanche, check.

    Serre-tête accessoire, check.

    Mascara, brillant à lèvres, un peu de blush, check.

    Ne restait plus qu’à enfiler deux choses, endosser son opulent sac brun et elle serait prête à partir pour la guilde.

    Aujourd’hui était un grand jour et Nina hautement désireuse de donner la bonne impression. Il lui fallait sembler moderne et accessible, aussi avait-elle, en ce but, acheté quelques nouveaux vêtements dans les boutiques à la mode d’Alkonost. Le quartier étudiant regorgeait d’enseignes toutes plus diverses – et chères – les unes que les autres. La jeune femme avait déjà pu constater qu’il ne faisait pas bon être pauvre à Alkonost ! Fort heureusement, sa dernière mission lui avait été plutôt fructueuse.

    La seule chose qui lui manquait à faire, outre enfiler ses nouveaux escarpins à talons, était...

    « Puiii ! s’enjoua Igni, butant contre le pied de Nina, un sourire brillant dans les yeux.
    — O-Oui, je vais le mettre ! Cela fait des années que je n’en ai pas porté – ou peut-être jamais –, je ne sais même pas si ça va m’aller... La dernière fois, c’était à Aeternitas et il s’agissait d’un survêtement de course... »

    En effet, pour la brunette, enfiler un jean s’apparentait à un changement radical de train de vie. Il était difficile de l’imaginer sans jupe ou robe et pourtant, en ce jour béni, elle tenait un pantalon entre ses mains hésitantes.

    Igni se montrait bien plus enthousiaste à ce propos. Depuis qu’elle s’était réveillée, sa maîtresse avait un regard déterminé et la flamme qui dansait dans ses yeux n’était pas juste le reflet du petit monstre. Et là, elle allait presque plier face à un bout de tissus à deux pattes... Il n’allait définitivement pas laisser arriver cela.

    Ainsi se démenait-il, à coup de gazouillements, pour encourager Nina. Comment résister à tant de mignonnerie ?

    Quelques minutes plus tard, après une heure et demie de routine matinale, un ciel bleu se déployait enfin au-dessus d’Alkonost. Traversant le pont blanc liant Æfsati, où elle logeait, et Ældar, elle put admirer son reflet, de loin, dans l’eau claire. Et rougir ; elle ne sentait pas très à l’aise... Heureusement que les talons hauts ne la dérangeaient pas, en soi.

    ♦
      Pantalon.


    La guilde n’était plus très loin, il était juste question d’atteindre sa hauteur et résister à l’odeur alléchante émanant des boulangeries sur le chemin.

    Nina, accompagnée par un Igni déterminé et fier voletant à ses côtés, passa les grandes portes menant au mess d’Altaïr, la boule au ventre et les joues roses – bien plus que le léger blush qu’elle avait appliqué le matin. Tout en essayant de ne pas croiser le moindre regard, elle guetta la présence de Loki et Ényo dans la salle – et les trouva –, puis passa au comptoir commander un darjeeling, repéra une table vide et alla s’y asseoir.

    « Que vais-je leur dire... ? "Bonjour, tout bien réfléchi j’ai décidé d’accepter votre proposition et..." – non, trop direct... Peut-être "Bonjour. J’ai réfléchi durant la nuit et finalement, j’accepte de rejoindre votre équipe. Rappelez-moi vos noms, s’il vous plaît ?"
    — Puiiii... se blasa Igni.
    — T-Tu as raison, ce n’est pas le genre de choses que l’on doit dire... Que dis-tu de... Quoi ? »

    Le familier tentait, tant bien que mal, de mimer un visage jovial en piaillant gaiement.

    « Je sens que tu essaies de me faire passer un message... râla Nina qui avait très bien compris où il voulait en venir. Bon... Mais si tu te moques de moi, je demande à Asgard de te faire disparaître de l’existence.
    — P-Puiiii ! Pui pui !
    — J’aime mieux ça. Bon, alors... "Bonjour ! Comment allez-vous ? Concernant votre proposition d’hier... J’ai bien réfléchi et finalement décidé d’accepter. J’espère que nous nous entendrons bien vous et moi !" »

    Ce coup-ci, Igni sembla satisfait mais sa maîtresse tira la langue, dégoûtée.

    « C’est tellement niais... »

    Pourtant, elle se donna tout de même les moyens de se rendre auprès du duo. Enfin... C’aurait été le cas si un homme, un brun élancé visiblement un peu plus âgé qu’elle, ne s’était pas appuyé contre le bord de sa table pour la regarder fixement. Comme envoûté.

    « Salutations, demoiselle ! Êtes-vous seule ? Une beauté telle que la vôtre n’a pas sa place seule à une table... Accepteriez-vous que je vous tienne compagnie ?
    — Non mais dis donc, c’est quoi ça ?! pesta une nouvelle voix en s’approchant à son tour. Je t’y prendrai à sauter sur les nouvelles ! Laisse plutôt un gentleman tel que moi communiquer avec elle. Excusez-le, mademoiselle, pour son affreuse grossièreté. (Il attrapa la main de Nina – dont le regard était vide – et effectua un baisemain) Je m’appelle Abel, enchanté de faire votre connaissance.
    — Vous êtes ridicules tous les deux ! Retournez à vos missions de novices et laissez place aux mages de rang supérieur. Une aussi sublime créature n’a pas à tenir compagnie à des roturiers tels que vous, cracha un troisième individu.
    — Tu parles, t’es à peine classé expérimenté ! »

    Bientôt, la table fut envahie d’hommes, et même de quelques femmes, venus faire part de leur attirance pour Nina, dont l’âme semblait s’être envolée pour ne jamais revenir.

    Comment gérer pareille situation ?!

    Oh, mais bien sûr...

    En agissant naturellement.

    « Quittez cette table sur-le-champ ou je vous prierais d’aller mourir dans la fange. » déclara-t-elle dans le plus grand des calmes, parée d’un regard à geler sur place Igni lui-même – d’ailleurs, le petit être n’échappa pas au sentiment général.

    Après qu’un long silence fut passé, la table fut effectivement désertée. Alors, Nina savait bien qu’elle pouvait être intimidante, mais à ce point...

    Bah.

    La jeune femme termina gracieusement sa tasse de thé et se leva pour marcher d’un pas décidé vers son duo d’intérêt, lequel avait observé la scène de loin. En la voyant arriver, ils eurent un soubresaut mais l’accueillirent tout de même d’un sourire légèrement crispé, apeuré.

    « B-Bonjour, je... J’ai réfléchi à votre proposition d’hier et j’ai... Pardon, je... comment allez-vous ? Enfin, j’ai décidé d’accepter votre proposition d’hier, c’est-à-dire rejoindre votre équipe, comme vous me l’avez gentiment proposé, bafouilla Nina. J-Je compte sur vous pour qu’ensemble, nous accomplissions de... grandes choses. Voilà... »

    Cette introduction, qui n’avait rien à voir avec la présentation pensée à table, eut le mérite d’à la fois choquer le duo de mages, restant pantois de longues secondes, et l’attendrir. Ényo rougissait même vaguement.

    « Eh bien, euh... Bienvenue, Nina ! Je suis ravie que tu aies décidé de travailler avec nous ! (Elle se leva pour serrer la main de la brunette. Permets-moi de me présenter de nouveau : je suis Ényo Asterion, et voici Loki de Némédia. Je suis persuadée que, tous les trois, nous accomplirons de grandes choses, comme tu dis ! »

    Nina hésitait quant à l’émotion la plus marquée chez elle à ce moment précis. Trop de regards étaient braqués sur elle. La gêne, la honte ? Plus vite elle partirait en mission, plus vite elle se sentirait dans son élément et pourrait penser à autre chose... Terrible...

    Finalement, Nina s’était installée à leur table autour d’un petit déjeuner un peu plus complet qu’une tasse de thé. Les discussions allaient bon train et même si les principaux orateurs demeuraient Ényo et Loki, l’ex-membre d’Æternitas répondait tout de même à plusieurs de leurs questions.

    « Et donc comment as-tu adopté cette adorable créature ? Igni, c’est ça ? Il est siiiii mignon ! chanta Ényo en papouillant l’intéressé, aux anges, sous l’œil amusé de Loki.
    — C’est une longue histoire... » soupira la maîtresse.

    L’enchaînement de souvenirs qui affluait en elle n’était pas des plus agréables, mais elle trouva tout de même le moyen d’en dire un peu plus sur sa rencontre avec Igni.

    « Quelques mois auparavant, j’arpentais le monde avec un... ami. Nous étions à la recherche de vestiges magiques dont il nous fallait les clés : des cristaux élémentaires farouchement gardés. C’est lors de la quête du cristal de feu, au cœur d’un volcan de Caelum, qu’il est devenu mon familier. »

    Nina ne put masquer un sourire sur ses lèvres, d’autant plus visible qu’elles étaient brillantes aujourd’hui. Igni avait été son seul camarade depuis qu’elle avait quitté tout ce qu’elle connaissait, voilà bientôt six mois. Il avait été celui qui l’avait soutenue lorsque le moral était au plus bas, réchauffée lorsqu’elle avait dû dormir dans le froid. En cela et tout ce qu’il représentait pour elle, peut-être qu’Igni était devenu le nouveau Sirius de ses jours... Bien que l’IA fût irremplaçable, son rôle était peut-être désormais joué par quelqu’un d’autre.

    « Un volcan ! Tu as l’air d’avoir pas mal vécu, s’intéressa Loki.
    — En effet, mais je pense n’être rien à côté de bien des mages. Rien que votre escapade à la frontière de Sin montre votre potentiel. Il me semble d’ailleurs, Ényo... commença Nina en sirotant son nouveau thé paupières closes, ...que tu prends bien soin de masquer ton potentiel æthernanique. »

      Altaïr.


    Surprise dans un premier temps, la jeune femme se contenta d’esquisser un sourire en coin.

    « Tu as l’œil, dis-moi. Je suis mage de rang S, effectivement. Il y en a un que ça tue d’admettre que je suis sa supérieure, mais c’est le cas !
    — Eeeeh...
    — Et puis tu ne sembles pas bien loin de mon niveau, Nina. À en croire ton propre potentiel, tu as probablement la puissance nécessaire pour passer notre épreuve de rang. »

    Sans même qu’ils aient évoqué une seule fois la nature de leurs pouvoirs respectifs, Nina savait qu’elle n’avait pas accepté de former une équipe avec les arrivistes d’Altaïr. S’ils n’étaient pas les plus anciens ni les plus vieux, ces deux-là n’étaient certainement pas les plus faibles ni les moins confiants.

    Ainsi, peut-être bien que son choix fût bon ; restait à savoir si le courant passerait entre eux.

    Loki se leva de table le premier, proposant de continuer à faire connaissance en se rendant dans le bureau de la maîtresse, Alyce Aleïev. Sans son aval, une équipe ne pouvait pas se former définitivement après tout. Etancher sa soif d’aventure et d’action, de missions en tous genres, nécessitait pour cette fois un peu d’officialité.

    « Dame Alyce est une grande femme. De celles qu’on ne pourrait tutoyer même si elle nous le demandait ; de celles qu’on ne croise pas cent fois dans une vie. Son cœur est aussi pur que son corps est beau, chantait Loki en saluant de temps à autre un membre d’Altaïr.
    — Pur, peut-être. Insondable surtout. Il déjoue les lois de la pression si tu veux mon avis : dans sa situation, peu de gens auraient tenu comme elle. »

    Nina s’interrogeait. Des gens qu’on ne croise pas cent fois dans sa vie, elle en avait déjà côtoyé plusieurs. Mugetsu, Irma, Alithéia, et même, plus récemment, de réels Archanges. Dans le véritable Paradis. Que cette femme pouvait-elle bien avoir pour elle au point d’être autant louée par Loki et Ényo ? La seule fois où elle l’avait côtoyée n’avait pas duré plus de quelques minutes, le temps de dire bonjour et donner son matricule.

    Elle devait être très occupée, évidemment. Le maître, enfin... Mugetsu l’était aussi, à Æternitas, mais il n’avait pas à se soucier de la publicité de sa guilde, pas plus que de la gestion de plus de deux cents membres actifs.

    Au fur et à mesure que le groupe traversait les couloirs mordorés aux parois boisées et grimpait les niveaux d’escaliers de marbre vert, Nina en apprenait un peu plus. Sans dire un mot, elle assimilait les informations qui lui étaient proposées, l’oreille attentive.

    « Je pense sincèrement que c’est une des magiciennes les plus puissantes de Pergrande. Son passé est mystérieux mais son présent on ne peut plus clair : son pouvoir d’absorption est redoutable. Je t’épargne les détails, prévint la blonde à la poitrine généreuse (dont Nina ne pouvait s’empêcher de regarder le galbe parfait, l’enviant quelque peu), mais en ce qui concerne l’appropriation de la matière, personne à Alkonost ne serait légitime de lui donner des cours ! »

    Ényo parlait de dame Alyce comme si ç’avait été son idole de toujours. La dévotion et le respect le plus total se lisait dans ses yeux alors même que Nina ne les voyait pas de face.

    Quelque part, ce regard ressemblait au sien lorsqu’elle était encore à Æternitas et qu’elle avait encore quelqu’un à percevoir ainsi.

    À peine arrivés devant la porte du bureau, ils durent freiner leur marche pour laisser passer une jeune femme vraisemblablement plus pressée qu’eux. De longs cheveux aux pointes byzantines volaient derrière elle ; aucun regard ne fut accordé. Loki eut beau tenter de scander son nom pour la saluer, seul le silence lui répondit.

    Nina sentit son cœur fortement attiré par celle que son nouveau camarade avait appelée Cybèle... mais une main sur son épaule le ramena à la réalité.

    « Ne t’en fais pas pour elle. Elle a juste mauvais caractère et cultive le mystère mais crois-moi, moins tu auras affaire à elle, mieux tu te porteras. »

    Finalement, les portes se rouvrirent sur le bureau d’Alyce Aleïev. La dame était à son bureau, occupée à mettre un peu d’ordre – enfin, tenter –, tant et si bien qu’elle n’entendit pas le trio arriver.

    « Maîtresse, nous avons réussi à la convaincre ! »

    ... Hein ?

    « AH ! Ényo, Loki, vous m’avez fait p- oh ! Tu es Nina, n’est-ce pas ? »

    Alyce était grande et si elle n’était pas particulièrement belle, son aura la rendait fascinante. Cependant, le halo qui l’entourait avait beau être éclatant, Nina ressentait au fond d’elle qu’il était très fragile.

    « C’est bien moi. Je crois comprendre que je n’étais qu’un pion depuis le début et que tout était une question de temps...
    — Hahaha ! Peut-être un peu, en effet, et je m’en excuse en leur nom. Pour ne rien te cacher, c’est moi qui les ai incités à trouver un camarade pour former une équipe. Ces deux-là ont le chic pour se mettre dans des situations beaucoup trop dangereuses. J’avais donc pensé qu’une personne plus sage leur serait bénéfique.
    — Donc je suis leur incarnation de la sagesse... Je vois le genre. »

    Elle était bien bonne, celle-là !

    « P-Peu importe, bafouilla Ényo, gênée par la révélation. Les Crystal Claws sont là, il n’y a plus qu’à les officialiser !
    — En plus de cela je n’ai même pas mon mot à dire sur le nom... J’hésite à me rétracter, tout d’un coup, soupira Nina, les doigts sur les tempes.
    — NON ! paniquèrent les deux amis.
    — Puihihihi ! »

    Alyce se mit à rire de bon cœur au côté d’Igni, suivie de ces deux-là, qui s’étaient rendus compte du comique de la situation. Même Nina ne put s’empêcher de sourire et souffler du nez.

    Désormais, Æternitas et le Chrysokrone n’étaient plus son foyer, son allégeance. Aujourd’hui, elle traçait définitivement un trait sur ce statut qui lui collait à la peau.

    Elle avait troqué le dragon rose sur son épaule gauche pour un aigle noir, ailes déployées, dans le bas de son dos. Chaque fois qu’elle le verrait dans le miroir, en prenant sa douche, elle se souviendrait que le futur n’efface jamais le passé...

    ... mais qu’il est façonné par lui.
    by Nina

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