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    [Histoire] Bruit






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    [Histoire] Bruit par Nina Andersen le Sam 21 Juil 2018, 20:27
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    Volonté d'Asgard
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    HISTOIRE ♦ BRUIT

      Tranquillement et posément.


    Elle avait passé trois nuits sous une tente minimaliste, cachée sous les aiguilles d’arbres peinant à se camoufler eux-mêmes en cette étendue immaculée. Quatrième jour de voyage sous un crépuscule incarnat.

    Les chiens avaient été parfaits depuis le début. Zina n’était pas spécialement lourde mais avec le traîneau, chargé par une tente, ses précieux livres et quelques vivres, la masse commençait à devenir conséquente. Pourtant, le trio animal courait sur la poudreuse, ne décrochant jamais leurs iris mordorés de l’horizon. Leur poil gris perle laissait discerner leur silhouette dans cette course athlétique et sans fin…

    Jusqu’à ce que le premier hameau apparaisse au bord d’une rivière gelée, conformément au cercle rouge apposé sur la carte. La neige reflétait l’éclairage de quelques maisonnettes et, plus imposant en leur périphérie, un chalet en plain-pied n’attendant que ses hôtes.

    Avant d’entrer, les chiens reçurent caresses et récompenses. Comme chaque fois, ils témoignaient en retour leur amour pour cette maîtresse temporaire à grand biais de langues humides mais chaudes, brûlantes, même, lorsqu’on s’était habitué aux négatives d’Iceberg. Igni jalousait ces animaux : si seulement les cordes ne brûlaient pas, il aurait pris leur relève et mené Zina à destination, et tout seul !

    En même temps qu’une chambre pour la nuit, cette dernière paya la consigne du traîneau et le chenil, sans pouvoir masquer son regard soucieux quant au sort de ses bêtes.

    « Ne vous faites pas de souci, madame, glissa l’hôtelière en confiant sa clé à la rouquine. J’imagine qu’il n’est pas facile de laisser ses animaux à des inconnus mais en tant que gîte prisé par les voyageurs, nous avons l’habitude de nous occuper des chiens de traîneau. Le meilleur traitement leur sera offert, conformément à la formule que vous avez choisie.
    — Je n’en attends pas moins... soupira Zina, voix grave, bourse vide.
    — Votre chambre est la 7, tout au fond du couloir. Le repas est servi à partir de vingt heures et le petit-déjeuner au sixième son de cloche, et la taverne est en libre accès toute la nuit. Première consommation gratuite. La Tendre Vouivre vous souhaite un agréable séjour ! »

    L’unique couloir des chambres, vide, n’accueillait actuellement personne d’autre que Zina et Igni, trottinant dans son pot dans un silence offert par la moquette rouge. La décoration de la chambre ne variait pas grandement : murs de bois et tapis crème, lit bourgogne fait au carré, juste assez de place pour un bureau et une salle d’eau individuelle. Au beau milieu d’une toundra enneigée, ces couleurs chaudes permettaient, par des biais psychologiques évidents, à atténuer les besoins en chauffage…

    Au moins fut-ce propre, remarqua Zina en passant son index sur le rebord d’un meuble.

    Mais plutôt que se plaindre, elle préféra ôter ses chaussures et ses couches de vêtements pour se reposer un peu sur le lit, jouissant de la chaleur d’un intérieur après quatre jours passés dans la neige et les vents. Ses doigts cessèrent de caresser Igni lorsque le sommeil l’emporta. Le petit être put ainsi suivre sa maîtresse dans le monde des songes, lové dans son décolleté.

    * * *

    Elle avait manqué le repas.

    À 23h, plus rien n’était servi au restaurant du gîte. Il avait fallu que son horloge interne soit déréglée à ce moment-là et pas à un autre, évidemment…

    Le confort du matelas défiait toute concurrence, comme en témoignait Igni encore profondément endormi. Histoire de se dire qu’au moins elle n’aurait pas abandonné l’opportunité de se faire offrir une bière, Zina se rendit à la taverne, livres sous le bras. Et pour le prix qu’elle avait payé, hors de question de se contenter d’un demi.

    Oh, la rouquine regretta vite d’avoir choisi cet endroit. Bruyant et trop grouillant à son goût, d’autant que la mauvaise humeur qui l’habitait n’arrangeait rien.

    Assise à la seule table dépeuplée, d’où le tavernier cria sa commande au cuisinier de service, elle se laissa porter par les premières lignes de l’ouvrage antique. Une bulle se forma autour d’elle, coupant son esprit du monde extérieur. Le livre comme seule compagnie, alors. Transie, n’esquissant gestes que pour tourner une page ou porter sa bière à la bouche.

    Pourquoi ses yeux balayaient-ils les mots avec une telle aisance ? Elle n’était pas censée maîtriser aussi bien le runique…

    Mais peu importa que son front commençât à brûler et s’alourdir. Cela ne pouvait être que l’alcool.

    Autour, plusieurs hommes se plaisaient à contempler la beauté étrangère passionnée par son livre. Mais lorsque l’un d’entre eux, pas encore bien éméché, décida de l’aborder avec la ferme intention d’obtenir son nom, il se heurta à un mur d’ignorance. Zina ne porta même pas son regard sur lui et il s’en alla, dépité, sous les moqueries de ses camarades.

    Parmi les trente chapitres segmentant l’œuvre asgardienne, Zina fut particulièrement attirée par le dernier, au propos mortifère.

    « Angeliciel n’estoit meïsme de la mort pardonné. Asgard n’estoit pas exceptable, qui com tot homme partit por la maleüreuseté des gents et mondiens. Nihil semper suo statu manet »

    La dernière phrase avait le mérite d’intriguer plus encore que ses semblables. Une autre langue, bien plus moderne que celle utilisée dans le texte, avait servi à l’écrire. D’autant plus compréhensible dès la première lecture, Zina n’avait guère peiné à en tirer une première interprétation. Asgard demeurait peut-être. Au vu de ses aventures avec le Ginnungagap, il était aussi facile d’en douter que de la supposer vraie : le Cœur avait voulu devenir le nouvel Asgard en volant l’éther des individus se présentant devant lui. "Nouvel" Asgard supposait que le premier n’était plus, pourtant le fait même de pouvoir réduire une personne à l’état d’éther pouvait tout aussi bien s’appliquer à l’Ange lui-même.

    La disparition d’Asgard n’avait pas causé celle de ses créations. Ses filles, les muses, et leurs Runes, au pouvoir protecteur ; le Hvergelmir, dimension exauçant les vœux des bonnes âmes ; et Yggdrasil, mémoire de la réalité humaine, existaient aujourd’hui encore.

    Pourtant, la corruption avait gagné l’une d’entre elles. Zina sentit son pouls s’accélérer dans son cœur, ses veines et ses artères. Cette simple pensée, non moins un constat indéniable, réveilla la douleur sur son front qu’elle sentit brûler. Le coup de paume glacée qu’elle y porta fit éclater sa bulle, mais la sensation persista. Et plus elle songeait à la noirceur des muses, plus celle-ci s’intensifiait.

    Face à cela, comment garantir que les muses ne fussent corrompues elles-aussi ?
    Sitôt la pensée close, Zina termina sa bière d’un coup sec, indifférente au liquide qui débordait de la chope et coulait sur son menton et ses vêtements. Et au regard inquisiteur de l’assemblée. Elle devait se rafraîchir. Se purger. Trop de corps étrangers et bien trop de doutes vivaient en elle.

    Cet état n’empêcha pas ses doigts de trouver quelques pièces dans sa poche, les jeter face au tavernier et saisir fermement la chope de nouveau remplie, et de nouveau vidée.

    Une porte claqua ; celle de sa chambre.

    Igni s’était réveillé suite au boucan causé par sa maîtresse. La surprise de la voir tituber et se déshabiller, jetant au sol tout autre chose que sa propre peau, lui infligea un sentiment de panique. Il voleta vers Zina, terriblement inquiet, pour la questionner de quelques couinements.

    Haletante, roulée en boule sur son lit, elle pleurait. Une larme pour Asgard qui l’avait menée à tout cela. Deux larmes pour son futur incertain. Trois larmes pour le corps qui ne lui appartenait pas. Mille sanglots pour la peur du poison qui noircissait son sang et peut-être, bientôt, si elle ne faisait rien, son esprit.

    Quand Igni se blottit au cœur du cercle formé par le corps de Zina, elle ne refusa pas la chaleur du petit être contre son cœur. L’étreinte se desserra quand la panique s’effaça, petit à petit, alors que tout devenait noir.

    * * *

      Impasse ?


    « Je détruirai les créations d’Asgard. »

    Tant de fermeté dans une voix ne pouvait transmettre qu’une volonté inaltérable d’appliquer ses dires.

    Un bras puis l’autre dans les manches de sa veste, Zina chargea ses épaules de ses sacs et sortit de l’étape. Les chiens l’attendaient patiemment, propres et si tôt bien nourris.

    « Puiii...
    — Mais pas toi Igni, voyons... Pourquoi peux-tu imaginer une seconde que je désire te détruire ? Tu es probablement la dernière entité pure issue d’Asgard. »

    Rougissant comme son corps lui permettait, Igni roucoula de plaisir. Cela n’empêchait pas qu’au fond de lui, il regrettait que la situation ait autant dégénéré. Que ses origines fussent aussi néfastes.

    Une dernière journée de voyage et Maarfrost leur ouvrirait les bras. La chaleur de Desierto, ensuite, prendrait le relais une fois qu’ils auraient quitté la mer Centrale. Et Neferet serait leur ultime destination. Chaque heure de traîneau rapprochait Zina de sa guilde, de l’Ange qui en était le maître et de sa guérison.

    Ce fut aux alentours de dix-sept heures que les murailles de la ville accueillirent les voyageurs dans leur étreinte. Sur les pavés sonnaient les pas des passants, le soleil peignait d’or les cheveux flamboyants et la silhouette de Zina. Et par les arches qui créaient une allée infinie, sillon entre les maisons, la mer Centrale lui apparut. Froide, calme.

    by Nina

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    Re: [Histoire] Bruit par Liesel Engelwald le Sam 21 Juil 2018, 20:33
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    Bruit



      Ramper.


    Abandonnant dans son dos une trainée des traces ensanglantées, Liesel ne réalisa que maintenant que le concert de pas qui l’avait suivi toute la semaine avait pris fin. Il était seul, même Alkael n’était pas à ses côtés pour le rassurer de sa simple présence.

    Le récent combat lui avait fait perdre tous ses repères. Sorti du danger, il n’avait pas fallu longtemps pour que la punition de s’être battu dans un tel état se manifeste : saignements, vertiges, esprit embrumé, démarche approximative… Liesel savait que s’il ne trouvait pas rapidement de l’aide, il était perdu.

    Il tenta d’utiliser le livre d’Asgard pour se soigner, mais constata avec angoisse que ses grimoires étaient endommagés. Le feu d’Ysaline, de la Source, les avait atteints. De toute façon, il était trop tard. Liesel considérait Yggdrasil comme son ennemie maintenant. Il s’était posé la question de savoir si c’était une bonne idée de défier une entité si puissante, et la réponse avait bien évidemment été non. Pourtant, il était convaincu qu’il s’agissait de la bonne solution. Il avait un objectif, créer un monde pur. Et il était prêt à tout.

    Et pourtant… il ne voulait pas mourir. Yggdrasil voulait l’utiliser comme réceptacle pour agir sur le monde ; si Liesel était réellement prêt à tout, alors pourquoi ne la laissait-il pas faire ? Il y avait autre chose, que le garçon n’arrivait pas à cerner, aveuglé par sa furie.

    Ce qui était arrivé à Ysaline était de sa faute. Parce qu’il n’était pas assez fort pour la protéger. Il en était persuadé. Il se demandait s’il était trop tard pour la sauver et chaque pas douloureux lui rappelait qu’il devrait l’affronter à nouveau un jour.

    Mais en pointant sa dague sur elle, il avait réalisé qu’il n’était pas capable de la tuer.

    Elle était une menace pour le monde, elle avait tué des innocents, Astrid, même Aurelia s’il n’avait pas été là à temps… Et il savait qu’elle ne s’arrêterait pas là. Il savait aussi quelle était sa prochaine destination : chez elle. Alors pourquoi ne pouvait-il pas se résoudre à s’occuper de son cas comme n’importe quel criminel ?

    Parce qu’il l’avait connue avant. Il l’avait connue lorsqu’elle était encore saine, il l’avait aidée à surmonter sa haine… Secrètement, il se disait que s’il avait réussi à la sauver de la colère une fois, il le pouvait à nouveau. Il l’affronterait et elle reprendrait ses esprits… comme avant.

    Et si tous les mages noirs étaient comme ça ? Et si tous ceux qu’il avait tués jusqu’à maintenant avaient vécu des expériences similaires ? Il repensa à cette mère qu’il avait tuée, le premier être humain à périr de sa main. Peut-être qu’il aurait pu la sauver, elle aussi…

    Mais Liesel tenait à son monde. Combattre les mages noirs, par la mort ou par le dialogue, était impossible. Il fallait attaquer le problème à sa source. Et pour Liesel, la source n’était autre que Desdemona.

    « Tu ne me vaincras jamais. » La voix nébuleuse du maudit parvint jusqu’à ses oreilles violacées. Vint s’ajouter l’écho d’Ysaline, lui rappelant que tout était de sa faute.

    Liesel tenta de les ignorer, mais d’autres échos vinrent frapper les jambes engourdis du garçon, qui s’écroula dans la neige. Une sensation de confort vint s’installer après la douleur. Il se dit que les terres d’Iceberg étaient finalement bien plus apaisantes qu’elles n’étaient dangereuses. Il entendit des pas s’approcher, qui le bercèrent vers un sommeil qu’il attendait depuis longtemps.

    « Non ! Ne t’endors pas ! »

    ---

      Sur pieds.


    « C’est vraiment un miracle que tu sois encore en vie après tes blessures… Qu’est-ce qu’il t’es arrivé ? demanda le soldat en ajoutant une bûche au feu de la cheminée.
    — Je viens de Kaultbaum…
    — Oh, j’ai entendu dire que le village s’était fait attaquer.
    — J’y étais. J’ai affronté la coupable, d’où mes blessures… Si vous ne m’aviez pas trouvé, je serais probablement mort. »

    Liesel, une couverture sur le dos se chauffait les pieds devant le grand feu que le soldat lui avait offert. C’était lui qui l’avait trouvé, dans la neige, non loin de Maarfrost. L’albinos lui devait la vie.

    «  Tu t’es battu ? Tu es jeune… Mage ?
    — Oui, de guilde indépendante, mais mon symbole a été brûlé.
    — Bon sang, t’es un sacré type toi… Moi qui avais peur que les entraînements de la caserne t’effraient.
    — Pas moyen, ma mère est soldate à Bosco… D’ailleurs… Je me demande comment elle va… J’ai eu de mauvaises nouvelles…
    — Tu ne peux certainement pas rejoindre Bosco dans cet état. Il y a un mage téléporteur en ville. Mais cet arnaqueur a augmenté ses tarifs, c’est devenu un luxe… Si tu n’as pas d’argent, tu peux rester chez moi le temps de faire quelques petits boulots !
    — M-Merci ! Pourquoi tant de gentillesse ? demanda timidement le garçon.
    — Héhé, tu me rappelle mon petit frère. Il est parti faire ses études, mais vous avez la même tête. »

    Le soldat ébouriffa les cheveux de Liesel puis s’en alla. Seul dans les dortoirs de la caserne, le garçon fixa les flammes en s’inquiétant pour ses parents. Avant de rentrer à Aeternitas, il devait retourner à Bosco.


    Fiche de RP (c) Miss Yellow

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    Re: [Histoire] Bruit par Nina Andersen le Sam 21 Juil 2018, 20:36
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    Volonté d'Asgard
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    HISTOIRE ♦ BRUIT

    La quête d’un bateau n’avait pas été bien fructueuse. En ce moment, les eaux nocturnes n’étaient pas propices aux traversées, semblait-il... À vrai dire, c’était une question de saisons et de lune que Zina n’avait pas pour intention de creuser. Et puis, personne n’avait accepté de troquer un billet contre des travaux gratuits sur le navire, évidemment. La rousse ruminait néanmoins le temps perdu, inutilement.

    Dans une ville aussi active que semblait l’être Maarfrost, elle trouverait bien quelqu’endroit où se reposer. Quitte à rester clouée au sol encore un moment, autant en profiter pour passer du bon temps ! Malheureusement, sans argent, aucune consommation ne lui serait permise, ce qui n’atténua pas sa frustration. Que ne donnerait-elle pas pour une bonne bière... Le pistolet en argent confié par Galahad ?

    Non. Desierto grouillait de dangers et il s’agissait-là de son seul moyen d’attaque. Il était trop imprudent de le vendre, au risque non nul de se faire arnaquer, qui plus est. Et pis. Jamais ne vendrait-elle un seul de ses précieux livres.

    Jamais auparavant Nina n’avait éprouvé telle affection pour le houblon. Il lui avait suffi de devenir Zina, mêlant son âme à celle de Zélos, grand amateur de cette boisson, pour découvrir ce goût. Mais son corps supportait mal l’excès d’alcool, ce n’était pas dur à remarquer. Son foie peinait l’assimilation de trop d’éthanol d’un coup, pourtant son cerveau jouissait de l’état d’ivresse ainsi procuré. Tant et si bien que le cœur prenait les devants sur la raison.

    Mais ici, de toute manière, la question ne se posait pas…

    Igni chatoyait, en opposition à sa maîtresse. Sous forme de flammèche, il gambadait, si l’on pouvait dire, au gré des étals poissonniers ou maraîchers, stands de primeurs ou artistes floraux. Petits mais pittoresques, attirants au possible, regorgeant de joie de vivre, bien que toisés par un ciel aux cheveux grisonnants. Si elle avait eu ne serait-ce que quelques piécettes…

    En y songeant, la ville avait bien une caserne militaire ou quoi que ce fût du genre, comme une entreprise de menus travaux vaguement rémunérés ? Il se faisait tard et le soleil dormait depuis un moment déjà. Les chances de trouver un demandeur d’emploi à telle heure demeuraient minimes.

    « Igni... Préviens-moi si tu aperçois un banc confortable ou un coin de rue accueillant. J’imagine que nous n’aurons pas d’autre choix que dormir à la belle étoile... soupira Zina en déposant son sac contre un mur avant de s’y adosser, les yeux clos.
    — En v’là une qui baisse b’en vite les bras. »

    Sursautant, comme prise en flagrant délit, la jeune femme s’orienta instinctivement vers la voix sèche qui venait de mâcher ces mots. À côté d’elle se trouvait un vieux monsieur, assis par terre, barbu des sourcils au menton. Il puait l’urine. À se demander comment elle avait pu ne pas le remarquer.

    « Je vous demande pardon ?
    — Quand on vit dans la rue, c’qu’on peut pas faire aut’ment. Z’êtes jeune et belle, ‘pourriez facilement trouver un lit que’qu’ part, et pas b’soin d’portefeuilles. »

    Zina craignait comprendre de quoi le vieux sans-abri parlait, mais elle se contenta de hausser un sourcil et l’ignorer. Une chose tenait-elle pour sûre : elle ne resterait plus longtemps à côté de cet hurluberlu à l’odeur de plus en plus insoutenable au fil de ses paroles. Comme si l’acidité sortait de sa bouche même.

    « Heh heh heh, r’gardez com’ elle prend la mouche ! Détends-toi, j’te parlais pas d’vendre ton cul, même si tu pourrais.
    — Plus un mot, merci.
    — J’parlais d’la caserne. Les p’tits sont vach’ment sympas là-bas, y t’trouv’ront un p’tit coin pour pieuter. Moi si j’suis là c’est qu’j’leur ai causé trop d’souci, mais j’ai l’cœur sur la main quand j’veux. C’par-là. »

    Finalement, le cœur de Zina se délesta d’un poids. Même si elle en voulait à cet homme d’avoir laissé planer le doute sur l’origine de ses conseils, force était d’avouer qu’il n’avait pas été si inutile. La jeune femme appela Igni d’un ton un peu trop sec et tourna les talons dans la direction indiquée par le vieillard. Pas moins suspicieuse pour autant : c’était un inconnu après tout. Tout résidant de Maarfrost qu’il était, à sa manière, mieux valait rester sur ses gardes.

    Igni, en torche de poche, éclairait le chemin à l’unisson avec les lampadaires. La petite rue pavée n’était pas longue alors le duo ne tarderait pas à voir s’il avait été dupé ou non. Visiblement, le mur toppé de barbelés qui apparut bientôt sembla répondre par la négative.

    « Ce rat n’a pas menti, finalement. Hum... En somme, nous allons demander droit d’asile, c’est bien cela ?
    — Puiii, valida Igni, plus par principe que par réelle utilité.
    — Dans une vie de mage, plus rien n’étonne, plus rien ne surprend. Sitôt la nouvelle annoncée qu’on s’y est déjà accoutumé, comme si nous-mêmes avions convenu de cela plus tôt. Et le pire, c’est que je ne saurais pas dire si cela me convient ou m’ennuie... Bah. Peu importe.
    — Allons mademoiselle, on parle toute seule ? »

    Maarfrost fut-elle une ville entièrement peuplée de ninjas ?

    « Puiii ! s’indigna la petite boule gluante.
    — Oh là, désolé p’tit, je ne t’avais pas vu ! Puis-je vous demander, chantonna le soldat, ce que vous venez faire près de la caserne à cette heure-ci ?
    — Asile... Je suis voyageuse mais n’ai plus rien pour payer un logement pour cette nuit. J’espère quitter Maarfrost par bateau au plus tôt.
    — Alors vous avez sonné à la bonne porte ! C’est toujours un plaisir d’accueillir les voyageurs parmi nous, si tant est que vous m’autorisiez une petite fouille corporelle – en tout professionnalisme, cela va de soi. »

    Concrètement, Zina aurait refusé que quiconque la touche, surtout ainsi. Malheureusement, c’était cela ou une nuit contre les pavés. Et après sa rencontre avec "vieil-urine", quelque chose l’empêchait d’envisager cette possibilité avec enthousiasme.

    Frissonnant telle un chat qu’on caresserait sans son consentement, Zina subit l’étude une fois entrée dans le hall de la caserne, toute de gris décorée. Terriblement terne, sobre et... militaire. Mal éclairée, qui plus est.

    Puis elle fut menée dans une chambre presque libre. Sur les huit lits disponibles, un seul était occupé. Un jeune mage trouvé aux abords de la ville, apparemment. Ma foi, cohabiter ne serait qu’une épreuve de plus à subir ; il ne s’agirait que de dormir en serrant fort son sac contre son corps. Ç’aurait pu être pire, après tout, et Zina ne cessait de se le remémorer, comme pour s’en convaincre malgré sa lassitude.

    Lorsqu’Igni et elle poussèrent la porte froide et mal huilée du dortoir, ils ne s’attendaient pas à trouver une silhouette familière sur le lit. Si peu préparés qu’ils ne remirent même pas les pièces du puzzle en place avant de bonnes secondes passées à décorer l’encadrement de la porte, figés.

    by Nina

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    Re: [Histoire] Bruit par Liesel Engelwald le Sam 21 Juil 2018, 20:37
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    Bruit



      Ramper.

    Liesel avait passé le reste de l’après-midi près du feu. Il lui avait fallu des heures pour réussir à se réchauffer, surtout avec les courants d’air qui glissaient parfois sous la porte rouillée mal vissée.

    Le soldat, bien qu’il fût de garde le soir-même, n’avait pu rentrer chez lui. Il avait donc discuté un peu avec le garçon à propos des environs, avant de faire une bonne sieste pour se préparer à la nuit froide dans laquelle il devrait rester immobile.

    En le voyant allongé dos face à lui, Liesel ne put s’empêcher de le reluquer quelques instants, mais il fut rappelé à l’ordre par le crépitement du feu, qui laissa échapper une cendre dans l’œil du jeune homme.

    Il profita ainsi du sommeil de l’homme pour se rendre à la bibliothèque récupérer quelques livres, mais le vent froid qui le frappa en sortant le fit se précipiter à l’intérieur. Blotti sous sa couverture, il se dit qu’il lirait le magazine douteux qui trainait par terre. Puis il fit des pages de superbes origamis.

    Liesel ne sut si l’après-midi passa rapidement ou lentement. Sa perception lui fit sentir un subtil mélange des deux, où l’ennui, mêlé au froid et la fatigue, avait comme stoppé le temps.

    Quand le soir vint enfin, il mangea une modeste soupe, ne pouvant remercier assez les soldats qui l’hébergeaient. Il se sentit même coupable de profiter alors qu’il se sentait plutôt bien. Il pourrait toujours leur rendre servir dans le futur, pensa-t-il.

    Mais les tourments concernant son père ne s’étaient pas apaisés et il avait dû prendre son mal en patience. Le soir venu, il s’allongea, en proie à la mélancolie et la nostalgie de son enfance innocente. Alkael aussi, lui manquait. Il s’endormit presque, mais le grincement horrifique la porte le fit tressaillir. Il se releva et bloqua un court instant sur ce visage qu’il jura reconnaître, sans pour autant pouvoir le nommer.

    « Oh, bonsoir » dit-il pour saluer l’étrangère, avant de se recoucher.


    Fiche de RP (c) Miss Yellow

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    Re: [Histoire] Bruit par Nina Andersen le Sam 21 Juil 2018, 20:38
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    HISTOIRE ♦ BRUIT

      Impasse ?


    « Bonsoi... »

    Zina ne remarqua pas que sa présence avait intrigué le garçon aux cheveux blancs, trop occupée à amorcer une autre phrase sans avoir fini la première.

    « Liesel ? »

    Et elle regrettait. Igni le sentit et interrogea la rouquine du regard, mais elle ne le regarda même pas.

    Si stupide. Elle devait faire erreur. Que ferait Liesel ici ? Mais, d’un autre côté, ne venait-elle pas de penser que plus rien n’était étonnant à ses yeux ? Si présomptueux de sa part…

    Puis, quand bien même il se fut agi du véritable Liesel Engelwald, celui qu’elle connaissait, son camarade de guilde... L’avait-il seulement reconnue elle, dans son état actuel ? Si elle voulait bien admettre qu’elle avait préservé nombre de ses traits, nul être la connaissant en tant que Nina ne se douterait de son identité en la voyant ainsi, elle en était persuadée.

    La lumière grésillait au-dessus d’eux. De temps en temps, pour rompre le mutisme de la scène, un son électrique pulsait un peu trop fort pour que ce fût normal. Anxiogène.

    Et pire encore : comment allait-elle lui expliquer la situation ? Le Hvergelmir, Zélos, Stella, le bateau…

    Le bateau !

    Balayant ses doutes, Zina brisa le silence dont son arrivée était la cause. Si elle se trouvait bien en présence de Liesel, elle n’aurait pas à se rendre à Desierto. Tout serait beaucoup plus simple !

    « Liesel, c’est toi ? Tu le croiras difficilement, sans doute mais c’est moi, Nina. »

    by Nina

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    Re: [Histoire] Bruit par Liesel Engelwald le Sam 21 Juil 2018, 20:38
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    Bruit



    Liesel, figé, fixait intensément la jeune femme. Ils se connaissaient, mais qui pouvait-elle bien être ? Il examina chacun de ses traits en détails : un visage fin, enrobé d’une chevelure rousse, un roux particulier, qu’il avait déjà vu. Il observa sa posture et il put confirmer qu’il la connaissait. Elle venait de dire de son nom… Il était long à la détente, mais il comprit, quand elle dit son nom, qui elle était. Il ne sut pas s’il l’avait deviné au même moment ou si cette impression résultait d’une illusion de son cerveau, mais il sut enfin qu’il s’agissait de Nina. Il ne douta pas un instant.

    « Nina ? Mais… » sa voix partit dans l’aigu puis il se racla la gorge. « Nina, tu as… changé ! Qu’est-ce que tu fais là ? Je n’aurais jamais imaginé te croiser ici… »

    Il se leva, difficilement, puis posa ses mains sur ses épaules. Il hésita à la prendre dans ses bras, heureux de retrouver un visage familier après toutes ces mésaventures. Il n’en fit rien, effrayé par l’éventuelle réaction de cette dernière. Mais grâce à elle, il pourrait enfin rentrer à la guilde et aller à Bosco.

    Lorsqu’il se retourna pour mettre sa couverture sur ses épaules, il crut voir Zélos, dans le coin de son œil et repensa à Ysaline. Comment allait-il lui annoncer que sa sœur était devenue une meurtrière ?

    « Ca alors, le monde est petit… » se dit-il en s’asseyant sur le bord du lit. Son visage triste fissuré par un sourire des plus joyeux, il ne pouvait quitter sa camarade des yeux.


    Fiche de RP (c) Miss Yellow

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    Re: [Histoire] Bruit par Nina Andersen le Sam 21 Juil 2018, 20:39
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    HISTOIRE ♦ BRUIT

    Bien sûr, il restait en Zina une part importante de celle qui n’était guère habituée au contact. Sentant que le garçon la tenait par les épaules, amorçant une accolade, la jeune femme esquissa un mouvement de recul, doutant quant à l’acceptation ou au rejet du contact. Si Liesel n’avait pas reculé de lui-même, qui sait si elle aurait tenté de resserrer l’étreinte. Après tout, c’était le premier être familier qu’elle voyait depuis... de longs et longs jours à errer dans les pays glacials d’Humanitas.

    À songer que leur dernière rencontre remontait à la réception alcoolisée de Mivard Drosin…

    « Changé ? Oui, je ne peux pas nier... Mais je te retourne la remarque, Liesel, lança-t-elle d’une voix douce en fermant la porte de métal, les laissant seuls. Tu as l’air blessé. Et je ne parle pas que de ton corps. Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous raconter... Puis-je m’asseoir à côté de toi ? »

    Dans ses yeux transparaissaient de la tristesse, similaire à celles qu’on tente de masquer. Les pires. Les blessures de l’âme passent toujours par le regard en premier lieu. Puis les lèvres, la voix, dans un second temps.

    Liesel était seul, plus encore qu’elle-même. Igni se tenait à ses côtés depuis le début de cette infortunée aventure, mais l’albinos n’avait personne. Que faire dans ces circonstances ? Exposer sa situation, demander de lui raconter son histoire, ou encore attendre que lui ne décide à sa place.

    Qu’aurait fait Zélos ?

    Alors, une fois assise, elle murmura quelque propos inaudible dans l’espoir de justifier son geste à quiconque s’en préoccupait, puis entrelaça ses doigts gelés avec ceux, blessés et calleux, de son camarade.

    « Que t’est-il arrivé depuis tout ce temps ? »

    by Nina

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    Re: [Histoire] Bruit par Liesel Engelwald le Sam 21 Juil 2018, 20:40
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    Bruit



      À genoux.


    Les doigts froids et doux de Nina offrirent à Liesel un frisson qui lui rappela à quel point il était fragile. Il n’en avait pas fallu plus, de la part de celle qu’il connaissait finalement peu, pour lui donner l’opportunité de tout relâcher.

    Les larmes lui vinrent, mais il s’empêcha de les laisser couler. Il garda les yeux rivés sur le sol, pour ne pas croiser ceux de sa camarade. Il se disait que ce serait gênant, sans vraiment savoir si c’était pour cela ou pour éviter de pleurer.

    « Quand on s’est quittés, après Neferet, Ysaline et moi sommes allés jusqu’à la source du feu, avec Amadeus… Une fois dans le volcan, il s’est passé des choses terribles. J’ai failli y passer et Ysaline a été… elle a traversé bien pire. Après ça… Elle est devenue folle, elle a tué des innocents et Desdemona a dit que mon père était mort et qu’Yggdrasil m’avait menti et que… »

    Il s’interrompit en prenant une grande inspiration forcée, puis il ravala le poids bloqué dans sa gorge.

    « Nina, tout est de ma faute… J’en ai assez… Tout ce qui est arrivé, c’est à cause de moi… »

    Il se jeta contre son seul réconfort, qui l’accueillit dans ses bras malgré un sursaut. Liesel ne put émettre que le son monotone et saccadé d’un enfant qui pleure. Il renifla le tissu qui habillait sa camarade, puis se redressa quelques instants plus tard, les yeux rougis. Il sécha ses larmes, malgré sa voix gonflée par ses sanglots.

    « D-Désolé… J’ai juste besoin de… »

    Ysaline lui manquait.

    Il se força à reprendre une respiration plus calme et resta quelques secondes les yeux fermés.

    “J’imagine que ça n’a pas dû être facile pour toi aussi… Qu’est-ce qu’il s’est passé ?”


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    Re: [Histoire] Bruit par Nina Andersen le Sam 21 Juil 2018, 20:40
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    HISTOIRE ♦ BRUIT

    Lorsque, sans prévenir, l’albinos plongea au creux des bras de Zina pour pleurer tout contre elle, la rousse se retrouva fort dépourvue l’espace d’un instant. Puis son instinct prit le dessus. Après tout, elle avait déjà été dans une situation pareille... Tout ce qu’il y avait à faire, c’était d’étreindre.

    Ysaline... Si ses souvenirs ne la trompaient pas en associant ce nom à un autre visage, il s’agissait de la demi-sœur de Zélos. La fois qu’elle l’eût rencontrée, la jeune fille n’avait pas fait bonne impression, explosant littéralement de colère et de haine contre son frère. Ayant convenu qu’elle avait un pet au casque, Zina ne fut pas surprise de l’annonce de sa décadence, mais... Liesel semblait brisé et rongé par la culpabilité. C’était sa meilleure amie, après tout.

    Cela devait être aussi douloureux que perdre un membre de sa famille, songea-t-elle...
    Alors elle se contenta d’accueillir son cadet contre son cœur le temps que ses larmes sèchent. Une fois ceci fait, elle demanda à Liesel, avec autant de douceur que possible, ce qui était arrivé d’aussi grave.

    Et autant dire qu’elle ne s’était pas attendue à cela.

    Pour couper court à ces souvenirs douloureux, le jeune homme de 19 ans, que Zina continuait à considérer comme un garçon, s’enquit de ceux de la magicienne.

    « Facile ? Pas vraiment, non... »

    Elle lui conta l’origine de sa quête, née d’une rencontre fortuite avec Zélos dans la mine d’électrolithe. Puis comment ils en étaient venus à pénétrer dans le Hvergelmir pour la dernière fois. Et ce qui s’y était passé, et ce qui se passa après, et vite, les sentiments montèrent.

    « Je ne sais toujours pas comment je suis parvenue à le sauver, à nous sauver... Depuis la destruction du Hvergelmir, nous partageons ce même corps, mélange de nos deux enveloppes charnelles. Je suis la seule dont l’âme s’est manifestée pour devenir la conscience de cette entité que j’ai nommée Zina, car je ne peux me résoudre à l’appeler par mon propre nom. J’ai fait route depuis le cœur de Stella, sans magie et guère plus d’argent, pour atteindre Maarfrost. Comme tu peux le constater à mes sacs, la route a été fructueuse, mais... Nous ne sommes toujours qu’un.
    » Son esprit se manifeste parfois sous forme de transes. C’est l’unique indice dont je dispose pour savoir qu’il existe encore, au fond de moi... Et pour ne pas le laisser filer, je dois rentrer à la guilde au plus vite. C’est pourquoi je suis contente de t’avoir trouvé, Liesel, sachant qu’en plus... Tu n’as pas à rester seul toi non plus. Nous devons trouver le Maître et tout lui expliquer... Je pense qu’au vu de sa nature, lui seul pourra nous aider, tous les deux. »

    by Nina

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    Re: [Histoire] Bruit par Liesel Engelwald le Sam 21 Juil 2018, 20:40
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    Bruit



    Le garçon était resté de marbre face à toute cette histoire. Hvergelmir… C’était elle qui l’avait détruit, à cause d’elle que Desdemona avait pu s’échapper ! Il la regarda intensément, d’un regard noir qui aurait pu effrayer n’importe qui.

    Liesel frappa le lit puis les origamis qu’il avait passé l’après-midi à faire se froissèrent.

    « C’est trop parfait. Tout est trop parfait. Il y a trop de coïncidences, il y a forcément quelqu’un derrière tout ça ! »

    Il se leva brusquement, mais la douleur le courba, provoquant l’inquiétude de sa camarade. Se ravisant, il se rassit.

    « Aargh… D’accord… Laisse-moi te raconter plus en détails. »

    Ainsi Nina sut pour Yggdrasil, pour les grimoires, Ysaline, Desdemona… Effectivement, les deux camarades avaient jusqu’alors marché sur les pas d’Asgard, mais ses créations semblaient corrompues. Liesel soupçonnait Yggdrasil d’avoir tout mis en place. Il ignorait si elle avait un tel pouvoir, mais c’était sa meilleure piste. À ces yeux, le destin ne pouvait pas être si bien fait.

    Pour l’heure, il devait rentrer et aller voir ses parents. Mais en songeant à la téléportation, il bloqua sur les derniers mots de sa camarade. Elle comptait sur lui pour rentrer… Alors il leva sa chemise et montra la peau fondue sur son flanc, le tatouage d’Aeternitas avait disparu.

    « J’ai été brûlé… Je n’ai plus le symbole de la guilde… »

    Il fronça les sourcils, marque d’une intense réflexion.

    « Si on trouve de quoi payer le mage téléporteur, on pourra s’en sortir, se dit-il. On pourrait aussi bien essayer d’attirer l’attention du Chrysokrone par un moyen ou un autre, mais j’ai peur que ce soit dangereux. Il nous suffit de trouver un ou deux contrats faciles et ce sera bon. Tu ne peux plus utiliser la magie et je suis blessé, mais si on est prudents, ça devrait être bon ! »


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